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Les orthodontistes du Royaume-Uni prescrivent-ils moins d’avulsions ?

By on November 25, 2018 in French with 0 Comments
Les orthodontistes du Royaume-Uni prescrivent-ils moins d’avulsions ?

Depuis la nuit des temps, le rôle des avulsions dentaires dans le cadre des traitements orthodontiques fait débat. Cette récente enquête donne des perceptions intéressantes sur les pratiques d’avulsion des orthodontistes britanniques.

La recherche a montré une réduction du recours aux avulsions orthodontiques au cours des 30 dernières années. Quoi qu’il en soit, nous ne connaissons pas grand-chose sur les facteurs qui ont pu être à l’origine de ce changement. Cette équipe de chercheurs, basés au Royaume-Uni et en Irlande, a mené cette enquête pour répondre aux questions suivantes :

« Les membres de la BOS (British Orthodontic Society) ont-ils changés leurs habitudes d’avulsions orthodontiques ? »

« Si oui, pourquoi ? »

Extraction of premolars for orthodontic reasons on the decline? A cross-sectional survey of BOS members

Fleming et al. Journal of Orthodontics: https://doi.org/10.1080/14653125.2018.1517470

Cet article est en accès libre, ce qui est très bien.

Qu’ont-ils fait ?

Ils ont fait une simple enquête en ligne auprès de tous les membres de la BOS. Ils ont demandé aux participants s’ils avaient changé leur part de patients traités par avulsions au cours des 5 à 10 dernières années.

S’ils répondaient avoir changé leur pratique, ils leurs posaient alors des questions pertinentes sur les raisons potentielles de ce changement. Par exemple, avaient-ils recours à des méthodes alternatives pour gagner de l’espace, ont-ils commencé à être préoccupés par l’esthétique faciale et du sourire, etc… ?

Ils ont analysé les données à l’aide de statistiques descriptives et d’une analyse de régression afin d’évaluer les facteurs qui leurs semblaient influencer leurs décisions.

Qu’ont-ils trouvé ?

Ils ont obtenu 208 réponses d’un total de 1280 membres. C’est un taux de participation de seulement 16%.

Dans l’ensemble, 96% des participants affirmaient qu’ils pensaient avoir réduit le nombre d’avulsions qu’ils prescrivaient. De manière intéressante, 30% pensaient que le seuil d’encombrement à partir duquel ils extrayaient s’était réduit de 2 mm.

Lorsqu’ils se sont intéressés aux potentiels facteurs influençant cette réduction, ils ont trouvé qu’ils comprenaient des inquiétudes sur l’esthétique faciale et du sourire ainsi qu’une utilisation croissante de la réduction amélaire interproximale. D’autres explications étaient le recours plus fréquent à l’expansion et la vestibuloversion des incisives mandibulaires.

Leur conclusion générale était :

« Il y a une tendance à diminuer les avulsions dentaires pour raisons orthodontiques et un recours croissant à la réduction amélaire interproximale. »

Qu’en ai-je pensé ? 

Je pense que c’est une enquête intéressante, bien qu’elle soit petite. Bien que les résultats nous fournissent des informations, nous devons garder à l’esprit qu’il y a deux problèmes avec cette étude.

Premièrement, le taux de participation est faible. Cependant, les auteurs ont précisé qu’il n’y avait pas de raisons que ceux ayant répondu soient différents de ceux qui ne l’ont pas fait. Même si je suis d’accord, j’aurais une confiance accrue dans leurs résultats s’ils avaient donné des informations sur les participants et ceux qui n’ont pas répondu.

Secondement, ils ont recueilli des informations sur le ressenti des orthodontistes. Ce n’est pas la même chose que d’enregistrer les avulsions réellement prescrites. C’est pourquoi ces impressions ont pu être influencées par le fait de participer à l’étude et que les participants voulaient donner des réponses qu’ils espéraient allaient plaire aux enquêteurs. Nous aimons tous paraître à la pointe et renvoyer l’image de ce que nous pensons être une tendance de pratique utile.

Lorsque je prends en compte ces facteurs, je pense toujours que cette enquête nous donne des informations utiles et qu’une étude supplémentaire serait nécessaire pour mesurer les pratiques actuelles en enregistrant les décisions d’avulsions.

J’ai réfléchi à cet article car il semble refléter un changement de pratique qui s’est produit en absence de preuves d’effets nocifs des avulsions. A ma connaissance il n’y a pas eu de recherche bien conduite les 15 dernières années sur les effets indésirables des avulsions. Alors pourquoi notre pratique semble-t-elle changer ?

Qu’en est-il dans ma pratique ?

Si je regarde ma propre expérience, je pense que je prescris moins d’avulsions. Je n’ai aucune hésitation à prescrire des avulsions en cas d’encombrement sévère. Cependant, lorsque l’encombrement est modéré je suis devenu plus enclin à aligner les arcades et à réévaluer l’esthétique et le degré de vestibuloversion incisive. Ceci conduit le plus souvent à traiter sans avulsions. Je fais également la plupart de mes traitements de Classe II sans avulsions, en utilisant des appareils fonctionnels.

Je pense avoir pris cette approche car je n’aime pas recommander un traitement assez traumatisant à mes patients à moins d’avoir la certitude qu’il s’agisse du meilleur traitement. De plus, nous savons tous que la fermeture d’espace est délicate et qu’il est plus simple de traiter sans avulsions, j’aime aussi garder mes traitements le plus prédictible possible. Je pense que ceci est la raison la plus plausible pour mon changement de pratique.

Je pense que ceci va conduire à une discussion animée dans la section des commentaires de cet article.

 

 

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